C'est le détail le plus délicieusement rétro de la lingerie : une ligne fine qui remonte de la cheville à la cuisse, à l'arrière de la jambe, comme un trait d'encre qui allonge la silhouette. Mais cette ligne ne pardonne rien. Il suffit de quelques pas pour qu'elle dérive vers l'intérieur du mollet, et d'une soirée pour qu'elle serpente derrière le genou. On se surprend alors à jeter des coups d'œil inquiets dans chaque miroir. Une couture qui tourne n'a pourtant rien d'une fatalité : elle dépend de la façon dont le bas a été fabriqué, de sa taille et du geste avec lequel on l'enfile et l'attache.
§Vraie couture ou couture imitée : tout part de la fabrication
Les bas à couture véritable, dits entièrement diminués, sont tricotés à plat, en forme de jambe, puis refermés à l'arrière par une couture. Cette couture est structurelle : elle suit la forme du bas, qui suit elle-même la forme de la jambe. Bien posé, un tel bas a naturellement tendance à garder sa ligne. Ils se reconnaissent souvent à leur talon renforcé de forme marquée et aux petits trous de diminution visibles près de la couture.
La plupart des bas à couture vendus aujourd'hui sont tricotés en tube, sur des machines circulaires, et la couture n'est qu'une ligne tricotée ou imprimée à l'arrière. Un tube n'a pas de dos ni de face : il peut tourner librement autour de la jambe, et la ligne tourne avec lui. Ces bas sont plus accessibles et souvent plus extensibles, mais la couture y reste en place surtout grâce à un enfilage précis et à un bon maintien en haut de cuisse.
§Enfiler un bas à couture pour une ligne parfaite
- Asseyez-vous, mains sèches, ongles limés, bagues retirées : le voile s'accroche au moindre relief.
- Roulez le bas jusqu'à la pointe, en gardant la couture visible au centre de l'arrière.
- Placez le talon renforcé exactement sur votre talon, couture centrée au milieu de l'arrière du talon : c'est le point de départ de toute la ligne.
- Déroulez le bas lentement, en contrôlant la couture à chaque étape : elle doit monter droit au centre du mollet, puis au centre de l'arrière du genou.
- Debout, face à un miroir en pied, retournez-vous et ajustez la ligne du bout des doigts, de la cheville vers la cuisse, jamais en tirant d'en haut.
- Attachez d'abord la jarretelle arrière, alignée sur la couture, puis la jarretelle avant : la tension de l'arrière fixe la ligne.
§Taille, maintien et choix des bas
| Cause | Effet | Parade |
|---|---|---|
| Bas trop grand | Le bas flotte et pivote librement | Suivre la grille de taille, hauteur et pointure |
| Bas tubulaire très souple | La ligne tourne au moindre mouvement | Choisir un bas plus ferme, ou à couture véritable |
| Porte-jarretelles mal ajusté | Les jarretelles tirent de travers | Jarretelles arrière alignées sur la couture |
| Bas autofixant | La bande siliconée pivote sur la cuisse | Ajuster la bande droite, peau sèche et sans crème |
| Enfilage rapide | Couture déjà décalée au talon | Repartir du talon à chaque fois |
Les bas tenus par un porte-jarretelles gardent nettement mieux leur couture que les autofixants : les jarretelles exercent une traction verticale qui aligne la ligne, à condition d'être bien placées et réglées à la bonne longueur, comme nous l'expliquons dans nos astuces pour bien porter un porte-jarretelles. Les autofixants à couture sont plus capricieux : leur bande siliconée peut pivoter, et entraîner la couture avec elle, surtout si elle glisse ou roule sur la cuisse.
Couture véritable ou couture imitée
Couture véritable
- Bas tricoté à plat puis cousu, qui suit la forme de la jambe.
- Ligne naturellement stable une fois bien posée.
- Peu extensible : la taille doit être juste.
- Plus rare et plus coûteux, à porter avec porte-jarretelles.
Couture imitée
- Bas tricoté en tube, ligne tricotée ou imprimée.
- Plus extensible, plus facile à trouver.
- Tourne plus facilement si le bas est trop grand.
- Existe en version autofixante, plus pratique mais moins stable.
Un bas fin se lave à la main, à l'eau froide, et se sèche à plat ou suspendu par la bande, à l'ombre. Il ne faut ni le tordre ni le passer au sèche-linge, qui détendent la maille : un bas détendu tourne davantage. Le même soin vaut d'ailleurs pour les collants, qui sinon finissent par plisser aux chevilles et aux genoux.
La couture d'un bas est un trait de crayon sur la jambe : elle n'admet ni l'à-peu-près ni la précipitation. Partie droite du talon, tenue par l'arrière, elle reste fidèle jusqu'au bout de la nuit.
, La rédaction Aiko
Questions fréquentes
On vous répond
Comment reconnaître des bas à couture véritable ?
Peut-on porter des bas à couture autofixants ?
Pourquoi une seule de mes coutures tourne-t-elle ?
Faut-il prendre des bas à couture plus petits pour qu'ils tournent moins ?
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