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Collier de perles posé sur un velours, photo éditoriale ultra réaliste

Parure

Collier de perles qui perd son éclat et se ternit : pourquoi, et comment le préserver

Un collier de perles se reconnaît à son orient, cette lumière profonde qui semble venir de l'intérieur. Avec les années, ou parfois en quelques saisons, elle s'éteint : perles mates, piquées, légèrement jaunies. La perle est une matière organique, fragile face au parfum, à la transpiration et à la sécheresse. Voici ce qui la ternit vraiment, les gestes qui la protègent, et ce qu'un bijoutier peut encore faire pour elle.

Il était le bijou des grandes occasions, celui que l'on hérite parfois et que l'on garde toute une vie. Puis un jour, à la lumière d'une fenêtre, les perles paraissent mates, comme voilées ; certaines sont piquées de minuscules points, d'autres ont pris une teinte crème qu'elles n'avaient pas. Ce n'est pas le temps seul qui les a abîmées. La perle est l'une des rares gemmes organiques, née dans un coquillage, et sa surface réagit à tout ce qu'elle touche : parfum, laque, transpiration, air trop sec. Bien comprise, elle traverse pourtant les générations sans perdre sa lumière.

§D'où vient l'éclat d'une perle, et pourquoi il s'éteint

Une perle est faite de nacre, superposition de milliers de très fines couches de cristaux de carbonate de calcium (l'aragonite), liées entre elles par une protéine organique, la conchyoline. C'est la régularité de ces couches qui décompose et renvoie la lumière : on parle de lustre pour la brillance de surface et d'orient pour les reflets irisés qui semblent flotter dessous. Il suffit que la surface perde sa régularité, même de façon microscopique, pour que la perle paraisse terne.

Or le carbonate de calcium a un point faible bien connu : il se dissout au contact des acides. La transpiration, légèrement acide, les parfums à base d'alcool, la laque, les crèmes et même le jus de citron ou le vinaigre attaquent la couche superficielle de nacre. Une goutte isolée ne se voit pas ; des années de port contre une peau parfumée finissent par rendre la surface mate, puis piquée. La conchyoline, elle, craint la sécheresse : dans un coffre, un sachet hermétique ou près d'un radiateur, elle se déshydrate et la nacre peut se fendiller.

§Reconnaître ce qui abîme votre collier

Ce que vous observezCause probableRécupérable ?
Perles mates, sans reflets, surtout côté peauAcidité de la transpiration et des cosmétiquesPartiellement, si la nacre n'est pas trop attaquée
Petits points ou piqûres en surfaceParfum ou laque vaporisés sur le bijouNon, la nacre est dissoute à cet endroit
Fines fissures, nacre qui s'écailleSécheresse, chaleur, nacre très fineNon, la perle doit être remplacée
Teinte jaunie, uniformeVieillissement de la conchyoline, transpirationRarement, et jamais par un produit maison
Perles qui se touchent, écart sur le filFil de soie détendu ou saliOui, par un réenfilage
Lire l'état de ses perles

Toutes les perles ne sont pas égales devant l'usure. Les perles d'eau douce sont le plus souvent entièrement nacrées, sans noyau, et pardonnent davantage. Les perles Akoya, des mers du Sud ou de Tahiti sont cultivées autour d'un noyau de nacre de coquillage : l'épaisseur de la couche déposée par l'huître varie d'une perle à l'autre, et une nacre fine laissera plus vite paraître l'usure. Quant aux perles d'imitation, en verre ou en plastique enrobé, leur revêtement finit par s'écailler et laisser voir la bille dessous : un défaut qui ne se répare pas.

§Les gestes d'entretien qui préservent l'orient

  1. Essuyer le collier après chaque port avec une chamoisine ou un chiffon doux et sec, perle par perle, pour retirer transpiration et résidus de cosmétiques.
  2. Le laver de temps en temps à l'eau tiède légèrement savonneuse, avec un savon doux sans détergent, puis rincer et sécher à plat sur un linge.
  3. Ne jamais le suspendre mouillé : le fil de soie s'allonge et retient l'humidité, qui peut tacher et fragiliser les nœuds.
  4. Le ranger à plat dans une pochette en tissu doux, à part des autres bijoux, dont les métaux et les pierres rayeraient la nacre.
  5. Éviter les boîtes hermétiques et les coffres très secs : la perle a besoin d'un peu d'humidité ambiante.
  6. Le porter souvent : au contact de la peau, à l'abri des parfums, une perle garde mieux sa souplesse qu'oubliée dans un tiroir.

Ces précautions diffèrent nettement de celles que l'on applique à l'argent qui noircit et se ternit, que l'on peut frotter et lustrer sans crainte. Elles rejoignent en revanche celles des bijoux qui ternissent au contact du chlore : avec une perle, on prévient, on ne rattrape pas.

§Réenfiler, expertiser : ce que le bijoutier peut faire

Fil de soie noué ou fil continu

Fil de soie avec un nœud entre chaque perle

  • Montage traditionnel des colliers de qualité.
  • Empêche les perles de frotter entre elles.
  • En cas de casse, on ne perd qu'une perle.
  • Se détend et se salit : à refaire régulièrement.

Fil continu sans nœuds

  • Montage plus économique, collier plus souple.
  • Les perles se touchent et s'usent l'une contre l'autre.
  • En cas de casse, tout le rang s'éparpille.
  • À réserver aux colliers d'imitation ou de fantaisie.

Un collier porté souvent gagne à être réenfilé régulièrement, tous les un à deux ans pour un usage fréquent, plus rarement s'il sort peu. Le signe qui ne trompe pas : un espace visible entre les perles et les nœuds, ou un fil grisé près du fermoir. Profitez-en pour faire vérifier ce dernier, dont la sécurité compte autant que celle du fil, surtout si votre collier a tendance à tourner et à ramener le fermoir devant. Un bijoutier peut aussi remplacer une perle trop abîmée par une perle assortie. Il ne pourra en revanche jamais rendre son orient à une nacre dissoute : aucun polissage ne recrée les couches perdues.

Une perle ne se nettoie pas, elle se ménage. Elle a passé des années à se former dans le silence d'un coquillage : quelques secondes d'attention après chaque port suffisent à lui épargner le parfum et le temps.

, La rédaction Aiko

Questions fréquentes

On vous répond

Peut-on redonner de l'éclat à des perles devenues ternes ?
Un nettoyage doux à l'eau savonneuse tiède, suivi d'un essuyage soigneux, retire le film de cosmétiques et peut rendre un peu de lustre à des perles simplement encrassées. Si la nacre elle-même est attaquée, l'éclat perdu ne revient pas : seule la perle remplacée retrouvera l'orient d'origine.
Le parfum abîme-t-il vraiment les perles ?
Oui, c'est l'une des premières causes de perles ternes : l'alcool et les composés légèrement acides des parfums attaquent la surface de la nacre. Vaporisez votre parfum, laissez-le sécher quelques minutes, puis seulement mettez votre collier.
Faut-il porter ses perles pour qu'elles restent belles ?
Le port n'est pas magique en soi, mais un collier rangé des années dans un coffre très sec risque davantage de se fendiller qu'un collier porté régulièrement et essuyé après chaque usage. L'idéal est un port fréquent, à l'abri des cosmétiques.
Comment savoir si mon collier doit être réenfilé ?
Tenez-le suspendu : si des espaces apparaissent entre les perles et les nœuds, si le fil semble grisé ou effiloché près du fermoir, il est temps. Un collier hérité qui n'a pas été réenfilé depuis longtemps mérite une vérification avant d'être porté.